réminiscence

Publié le par dame du lac oc

réminiscence
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L'affriolante guimbarde, recluse dans le fond du jardin,

 joue la demoiselle au milieu des fleurs.

La belle du macadam, dans sa couleur de pureté, est toujours

pimpante comme une communiante après l'office.

Pour l'instant, les lianes étirent leurs bras sans atteindre l'intruse. 

La reine Nature la préserve des mauvaises herbes.

Installée de trois quarts , à l'orée du bois, pétillante à souhait,

dans l'émeraude des trèfles à quatre feuilles, la belle  reste là,

indolente.

Au début de l'automne les escapades deviennent rares.

L'objet d'albâtre, très convoité, avec des yeux ronds de merlan,  

nous livre des secrets de jours de gloire.

Les vestiges, à peine éloigné du rétroviseur, se révèlent à nos yeux.

 

Le vaisseau berlingot, emblème de la période hippie,

a longuement déambulé.

 

Comment oublier ce confort?

J'ai tant de souvenirs .......................

 

 Acquise l'année d'après le petit pas sur le satellite lumineux

j'étais la fierté de la famille LOTOBOSSE.

Je vrombissais à la conquête des routes pleines d'asphalte

et de bon air.

Je roulais ma bosse; J'étais gonflé à bloc.

Je démarrais, au quart de tour, un tigre dans le moteur,

sur les chapeaux de roues.

Mon grand pas vers la découverte du monde , enfin libre.

 

Depuis fort longtemps j'étais dans un carcan, en position arrêt.

Je jugulais tant bien que mal mes pièces impatientes d'en découdre.

Elles pensaient fort, très fort; " Tourne moteur, tourne moteur".

 

Toujours disponible, tout devenait prétexte pour me conduire

par monts et par vaux.

 

A chacun de mes passages les gens disaient :

- Elle est si jolie. Elle est si confortable que l'on prendrait bien

une petite doucine en guise de voyage pour faire l'intéressant.

Ou encore : 

- Elle est si séduisante. Elle incite à oublier l'essentiel au détour

des chemins sinueux.

 

Mon chauffeur était heureux comme un canard qui étanchait sa soif

dans une bombe de saindoux.

Les dents de mon cador fondaient en sucre à force de rêver aux

charmantes demoiselles.

 

Fichtre! Elle est neuve et sa beauté est si singulière.

 

Le quartier entier pinçait d'admiration pour cette cage à poules.

 

Si bien qu'un jour,

 

Un enfant d'une main innocente a desserré le frein à main.

 

Tout doucement, à l'insu de tous, la belle a glissée inexorablement

dans la petite pente douce.

L'opportunité était trop bonne pour prendre la poudre d'escampette.

Une vache ahurie n'en croyait pas ses yeux. Elle arrêta de ruminer.

L'auto mobile, sans manivelle, en toute liberté,descendait

impertubablement vers l'ailleurs.

 

La fourgonnette rêvait : sans chauffeur, sans clef, le volant en roue libre.

     Pourquoi ne pas profiter pour se pavaner?

La voie est enfin libre pour une fuite à l'écrevisse.

Le rêve de la tamponneuse au beau derrière, intermède succinct d'une

virée extraordinaire, prend fin sur une  rambarde solide.

Manque de Poe, cette histoire extraordinaire a décochée 

une coquille non loin du pot d'échappement.

Adieu rêve, doucine en balade solitaire.

Une légère bosse sur le pare-chocs garde l' empreinte

indélébile de l'aventure.

Plus de peur que de catastrophe. 

La cabosse énigmatique de la rustique carrosserie devint

l' originalité de la famille LOTOBOSSE.

Le sceau de fabrique laisse encore rêveur les connaisseurs de

l'incroyable sortie de route.

De récidive, aucune.

 

Je vais là où mon chauffeur me conduit. J'aurai préféré de 

temps à autre stationner entre une belle Mercédès et la bête 

Jaguar. 

Je me laisse conduire et j'admire le paysage.

Je continue mon petit bonhomme de chemin

de baguenaude en flânerie.

J'admire en ce moment, comme le célèbre artiste, les tournesols,

en même temps que toute la famille.

Je reste silencieux devant cette fragilité.

Quel sensation! Quel plaisir!

 

Après l' émerveillement, les bêtises.

Sur la route de Cambrai, mon compteur tourne les chiffres

par centaines puis par milliers dans des virées de mille bornes.

J'avale des kilomètres de bitume, pour user mes pneus

sur un lit macadamisé, dans une transhumance fantastique.

 

    La belle voiture finira sa vie comme asile de jeux  pour les petits de la famille.

 

ÂME DU LAC OC

 

 

 

ATELIER POÉTIQUE : 

Trouver des sons à partir de TE QUE

 

Que te tête tante tekel !

 

Quelque tique toque pastèque tchèque.

 

Parque kyste risque tourte clique quelconque.

 

Conque bisque chèque clique plinthe ah que.

 

Hâte mate quelque plaque.

 

Que te brusque tête tchèque chèque.

 

ÂME DU LAC OC

 

 

AU FIL DES MOTS :

CATASTROPHE : Désastre

 

 

JAGUAR              : Grand mammifère carnivore de la famille des félidés en voie de                                           disparition, mais que l'on peut rencontrer du Mexique au Brésil.

                             Nom scientifique : Panthera onca

                             Son pelage est fauve moucheté de taches noires ou totalement noir -                               Jaguar noir -

     

                     

RÉMINISCENCE : Souvenir vague et confus

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Publié dans littérature

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